Monde
PEKIN (AFP) - La Chine s'est dite inquiète mardi, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, de la progression des contaminations homosexuelles et a appelé les autorités sanitaires à renforcer la prévention sur l'ensemble du territoire.
Le communiqué du ministère de la Santé a été publié au lendemain d'un appel lancé par le président Hu Jintao aux Chinois à ne pas frapper d'ostracisme les séropositifs et malades du sida, dans un discours retransmis par les grands médias.
"Les contacts sexuels continuent d'être le principal vecteur du virus et le rythme auquel augmentent les contaminations homosexuelles progresse clairement", s'est alarmé le ministère.
"Il s'agit d'un situation nouvelle à laquelle nous devons prêter attention", a ajouté le ministère, qui avait précédemment estimé à 20 millions de personnes la communauté homosexuelle masculine.
Les premiers malades du sida en Chine ont été les consommateurs de drogue par intraveineuse, puis les minorités ethniques, les prostituées, et les malades ayant reçu des perfusions de sang contaminé.
Mais ces dernières années, le sida "a touché de plus en plus de gens et les modes de transmission sont de plus en plus variés", selon le texte.
Fin octobre, la Chine comptait, parmi sa population de 1,3 milliard d'habitants, 319.877 personnes contaminées, dont 48.000 ayant contracté le virus depuis le début de l'année. Le sida a tué près de 50.000 personnes dans le pays, selon le ministère de la Santé.
Mais le ministère a estimé que jusqu'à 740.000 Chinois pourraient être contaminés, et déplore que la plupart soient victimes de discriminations.
Vous "devez vous préoccuper davantage des malades du sida", a lancé le président Hu lundi, et en particulier (...) ne pas les frapper d'ostracisme", a dit le chef de l'Etat devant des volontaires.
"Nous nous félicitons de l'attitude positive des dirigeants chinois", a déclaré mardi à l'AFP Wan Yanhai, défenseur des séropositifs et des malades.
"Mais nous voudrions que le gouvernement s'ouvre à toutes les organisations non gouvernementales (...) car nos activitées sont toujours entravées, nous ne pouvons pas lever des fonds en Chine et nous sommes toujours l'objet de surveillance" policière.